Il m’a toujours été difficile d’aborder une adaptation de livre au cinéma et notamment d’un Stephen King, que j’ai beaucoup lu dans le passé. La raison est classique : le livre permet à chacun de visualiser l’oeuvre à travers ses propres références et par conséquence un film ne pourra jamais refléter la perception de l’ensemble des lecteurs d’où le côté casse-gueule de la chose, renforcé par les contraintes en matière d’effets spéciaux pour un oeuvre fantastique.

Mais dans le cas de The mist, il se trouve que je ne l’avais pas lu, d’où une absence d’a priori en dehors de ma profonde sympathie pour monsieur King. Comme la plupart de ses histoire, elle se déroule dans une petite ville typique des Etats-Unis avec sa cohorte de personnages locaux (la vieille institutrice , la bigote de service, des rednecks…). Le réalisateur, Frank Darabont, avait déjà adapté plusieurs livres de Stephen King dont notamment La ligne verte.

The mist nous parle de la peur et des réactions de l’être humain face à celle-ci. Il nous parle aussi de la foi au sens noble du terme mais également des perversions qu’elle entraine notamment chez ceux qui se targuent d’être ses plus fidèles représentants. Ce film nous renvoie finalement à nous-même et à notre rapport à l’autre. Même si dans la forme, il y a quelques imperfections (notamment certains passages faisant très téléfilm), on ne peut qu’être interpellé par les questions que ce film soulève et remué de l’intérieur par la noirceur de son propos.

Après une si grande interruption dans mes billets, il est normal que je sois un peu décalé de l’actualité. C’est la raison pour laquelle je vais vous parler de Diary of the dead de George A. Romero, sorti au cinéma le 25 juin… Tout d’abord le pitch : « Des étudiants en cinéma tournent, dans une forêt, un film d’horreur à petit budget, lorsque la nouvelle tombe au journal télévisé : partout dans le pays, on signale des morts revenant à la vie.
Témoins de massacres, de destructions et du chaos ambiant, ils choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et les horreurs bien réelles auxquels ils sont confrontés afin de laisser un témoignage de cette nuit où tout a changé. » (Allociné)

 

La filmographie de George A. Romero est marquée par 5 films dans un genre a priori fermé dont il fut à l’origine, le film de zombies. Mais ceux qui connaissent son œuvre savent bien qu’au-delà du simple film d’horreur, on y découvre un portrait au vitriol de la société dont Diary of the dead est certainement son point d’orgue. Dans ce nouvel opus, il y aborde plus spécifiquement la thématique des médias, notre rapport à l’information et notamment les nouvelles technologies (internet, blogs, caméras technologiques). Il fait de ces derniers une sorte de contre pouvoir des grands médias bien souvent relais d’un discours politiquement correct voire d’un pouvoir politique et/ou industriel.

 

Comme ce fut le cas notamment dans Day of the dead, il évoque également la question de l’humanité. Qu’est-ce qu’un être humain ? Quels sont nos valeurs et comment les mettons nous en pratique dans une situation exceptionnelle ?

Après ces propos quelque peu sérieux mais qui j’espère vous auront donné de voir ce film, je finirais par une note un peu plus ludique en précisant que de nombreux caméos parcourent ce film : Geroge A. Romero lui-même qui joue le policier qui tente de dissimuler l’irruption des zombies lors de la conférence de presse, mais aussi Quentin Tarantino, Guillermo Del Toro, Simon Pegg, Wes Craven ou bien encore Stephen King. Une liste qui en dit long sur la reconnaissance de ses pairs.